Panneau syndical du 05 #01 : Dans le O5, des jeunes à la porte de l’école

vendredi 21 septembre 2018

Refus d’accès à l’école publique : la honte !

Depuis plus d’un an, l’Inspection Académique des Hautes-Alpes refuse la scolarisation de jeunes mineurs isolés. Elle refuse l’accès à l’école pour des jeunes de moins de seize ans pour qui la scolarisation est obligatoire ! Elle rejette l’inscription de jeunes de plus seize ans, pour qui la poursuite d’études est simplement un droit !

A l’extérieur de nos lycées et collèges, des dizaines de jeunes attendent que les institutions publiques daignent enfin reconnaître qu’ils ont des droits. Certains attendent impatiemment de pouvoir enfin apprendre à lire et à écrire.
D’autres, de continuer leur formation, afin de pouvoir choisir leur avenir. Au même moment, à l’intérieur des collèges du département, les classes ont été supprimées en grand nombre, au motif que les effectifs auraient drastiquement baissé à la rentrée. Cherchez l’erreur !

En désespoir de cause, certaines familles accueillantes ont commencé à inscrire les enfants dans des établissements privés, à Digne, à Gap ou à Saint Jean Saint Nicolas. Elles tentent d’inscrire des jeunes dans l’enseignement payant et confessionnel, parce que l’école publique, laïque et gratuite n’a pas voulu d’eux.

Nous sommes les personnels de cette école publique. Nous ne pouvons accepter que notre hiérarchie viole ouvertement la loi française et le droit international. Nous avons honte d’appartenir à une école dont les portes restent fermées pour les plus fragiles de nos élèves : ceux qui ont survécu à la guerre, à la misère, à la torture, à l’esclavage, à la traversée de la mer, de la montagne et du désert, et dont les yeux brillent quand ils nous disent : « J’aimerais tellement apprendre ! ».
Nous sommes les travailleurs de cette école laïque et gratuite.
Nous accueillons tout le monde. Nous dénonçons avec vigueur l’expansion de l’école privée, financée par nos impôts, et par l’argent de familles souvent soucieuses d’échapper à cette mixité que nous revendiquons.

Les enfants exilés doivent accéder à l’école dès leur arrivée, parce que l’accès au savoir est une urgence. Ils doivent pouvoir rester dans l’école, se former, s’épanouir, obtenir des diplômes. Le Conseil Départemental a supprimé l’accès aux contrats jeunes majeurs pour ceux dont il a la tutelle. Des jeunes sont mis à la rue le jour de leurs dix-huit ans, sans possibilité de finir leur formation, ou même leur année scolaire.

Nous nous opposons au « deux poids deux mesures » d’une puissance publique qui oblige les jeunes mineurs isolés, quand ils sont enfin reconnus comme tels, à commencer tous un apprentissage dès leurs seize ans. Nous pensons que tous les
jeunes, qu’ils soient Français ou étrangers, ont droit à une vie d’élève avant de dépendre d’une entreprise et d’un patron.

Nous travaillons et vivons dans les Hautes Alpes. Nous sommes heureux de constater tous les jours que des Hauts-Alpins s’organisent pour accueillir des jeunes, les nourrissent, les logent, leurs donnent des soins, des cours, des conseils juridiques... Mais leurs efforts ne rendent que plus flagrants les manquements de notre service public.

L’Education Nationale doit respecter les droits des enfants et assumer ses obligations.


Documents joints

Panneau syndical SUD éduc 05 #01

Brèves

27 septembre - Nouvel appel du réseau hospitalité le 4 octobre à 18h

Nous vous proposons de participer à une nouvelle mobilisation pour la scolarisation des jeunes (...)

24 septembre - On bouge le 9 !

9 octobre 2018 : Ensemble à la conquête d'un autre avenir ! from Union Syndicale SOLIDAIRES (...)

22 novembre 2015 - état d’urgence...

Suite à la proclamation de l’Etat d’urgence :
manifestations contre les violences faites aux (...)

30 octobre 2015 - temps de travail des enseignant-e-s

en finir avec les fantasmes

23 octobre 2015 - il l’a dit ! (quand les mouettes suivent les chalutiers...)

vous avez dit nov-langue ?