Bulletin hebdomadaire SUD Educ05 du 17 au 23 septembre 2018

mardi 18 septembre 2018

1-Agenda :

Lundi 17 septembre Gap 15h30 IA Audience avec l’IA pour les mineur.e.s non scolarisé.e.s
Mardi 18 septembre Gap 18h Place de la République mobilisation contre la loi ELAN
Mercredi 19 septembre Gap 14h Bourse du travail Intersyndicale préparatoire à la grève/manif du 9 octobre
Gap 18h Espace Occitan réunion du collectif de défense de la langue occitane
Jeudi 20 septembre Gap AG de SUD Education05
Gap 17h Préfecture Tenue du CDEN de rentrée
Vendredi 28 septembre Gap CAPD de rentrée
groupe de travail du CHSCT

2-Les évaluations nationales ne sont pas obligatoires, refusons de les mettre en œuvre !

Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas ! Bref, vous faites comme vous voulez… on ne peut pas vous imposer ces évaluations !

On savait le ministre obsédé par l’évaluation : en CP, CE1, et 6e, depuis l’an dernier le ministère essaie d’imposer ses « évaluations nationales ». Au menu : des tests de compétence exclusivement ciblés sur la mesure des acquis scolaires des élèves par rapport aux programmes. Il poursuit cette année avec le lycée.

Chaque élève de seconde passera cette année « deux tests de positionnements » de 50 minutes qui sont censés déterminer le niveau de compétence acquis qui sonnera d’ores et déjà pour certain-e-s comme un constat d’échec : maîtrise “fragile”, voire “insuffisante”. Peu importe le désir d’apprendre, ce qui compte c’est d’évaluer les compétences pour trier.
Le ministre bafoue la liberté pédagogique des enseignant-e-s.

Il prétend que des évaluations nationales corrigées automatiquement permettraient de cerner au plus près les besoins de chaque élève afin de leur apporter une aide personnalisée. De qui se moque-t-on ? Comment prétendre personnaliser l’aide en classe, à partir de tests imposés d’en haut sans le consentement des équipes pédagogiques, des effectifs surchargés et un nombre de postes aux concours en chute libre (20% en moins dans l’ensemble des disciplines l’an dernier) ?
Pour SUD éducation, la seule façon de personnaliser l’aide aux élèves, c’est la diminution des effectifs par classe et donc l’augmentation du nombre de postes aux concours !

Les annonces gouvernementales récentes, par voie de presse, laissent par ailleurs présager le pire quant à l’utilisation qui sera faite de ces évaluations. Dans un contexte d’autonomisation accrue des établissements, on voit très bien quelle pourrait être l’utilité de telles évaluations : classer les établissements, les écoles et les équipes pédagogiques en fonction des résultats ! Loin d’être réservées à un usage interne, ces mesures participent au renforcement des inégalités territoriales en imposant progressivement une « culture du résultat » qui permettrait de distribuer les bons et les mauvais points aux équipes enseignantes :
– la mise en place de la prime REP+ au mérite ;
– la mise en place au 1er trimestre 2019 d’une évaluation des établissements.

De leur côté, les élèves, devenu-es auto-entrepreneur-euses de leur scolarité dans le cadre de la future réforme du lycée, n’auront plus qu’à choisir les meilleurs lycées… s’ils et elles en ont les moyens.Pour SUD éducation, ces évaluations nationales sont incompatibles avec les valeurs et les pratiques d’une école égalitaire, émancipatrice et autogestionnaire que nous promouvons. C’est pourquoi la fédération Sud éducation revendique la suppression de ces évaluations et appelle les personnels à ne pas les faire passer.

3-Refus d’accès à l’école publique : la honte !

Depuis plus d’un an, l’Inspection Académique des Hautes-Alpes refuse la scolarisation de jeunes mineurs isolés. Elle refuse l’accès à l’école pour des jeunes de moins de seize ans pour qui la scolarisation est obligatoire ! Elle rejette l’inscription de jeunes de plus seize ans, pour qui la poursuite d’études est simplement un droit !
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A l’extérieur de nos lycées et collèges, des dizaines de jeunes attendent que les institutions publiques daignent enfin reconnaître qu’ils ont des droits. Certains attendent impatiemment de pouvoir enfin apprendre à lire et à écrire. D’autres, de continuer leur formation, afin de pouvoir choisir leur avenir. Au même moment, à l’intérieur des collèges du département, les classes ont été supprimées en grand nombre, au motif que les effectifs auraient drastiquement baissé à la rentrée. Cherchez l’erreur !

En désespoir de cause, certaines familles accueillantes ont commencé à inscrire les enfants dans des établissements privés, à Digne, à Gap ou à Saint Jean Saint Nicolas. Elles tentent d’inscrire des jeunes dans l’enseignement payant et confessionnel, parce que l’école publique, laïque et gratuite n’a pas voulu d’eux.

Nous sommes les personnels de cette école publique. Nous ne pouvons accepter que notre hiérarchie viole ouvertement la loi française et le droit international. Nous avons honte d’appartenir à une école dont les portes restent fermées pour les plus fragiles de nos élèves : ceux qui ont survécu à la guerre, à la misère, à la torture, à l’esclavage, à la traversée de la mer, de la montagne et du désert, et dont les yeux brillent quand ils nous disent : « J’aimerais tellement apprendre ! ».

Nous sommes les travailleurs de cette école laïque et gratuite. Nous accueillons tout le monde. Nous dénonçons avec vigueur l’expansion de l’école privée, financée par nos impôts, et par l’argent de familles souvent soucieuses d’échapper à cette mixité que nous revendiquons.

Les enfants exilés doivent accéder à l’école dès leur arrivée, parce que l’accès au savoir est une urgence. Ils doivent pouvoir rester dans l’école, se former, s’épanouir, obtenir des diplômes. Le Conseil Départemental a supprimé l’accès aux contrats jeunes majeurs pour ceux dont il a la tutelle. Des jeunes sont mis à la rue le jour de leurs dix-huit ans, sans possibilité de finir leur formation, ou même leur année scolaire.

Nous nous opposons au « deux poids deux mesures » d’une puissance publique qui oblige les jeunes mineurs isolés, quand ils sont enfin reconnus comme tels, à commencer tous un apprentissage dès leurs seize ans. Nous pensons que tous les jeunes, qu’ils soient Français ou étrangers, ont droit à une vie d’élève avant de dépendre d’une entreprise et d’un patron.

Nous travaillons et vivons dans les Hautes Alpes. Nous sommes heureux de constater tous les jours que des Hauts-Alpins s’organisent pour accueillir des jeunes, les nourrissent, les logent, leurs donnent des soins, des cours, des conseils juridiques... Mais leurs efforts ne rendent que plus flagrants les manquements de notre service public. L’Education Nationale doit respecter les droits des enfants et assumer ses obligations.

4-Voie professionnelle : toutes et tous en grève le jeudi 27 septembre

Communiqué d’appel à la grève le jeudi 27 septembre de l’intersyndicale CGT Éduc’action, SNUEP-FSU, SNEP FSU, Sud Éducation, SNALC, SNCL FAEN, SIES jeudi 13 septembre 2018

La réforme « Blanquer » de la voie professionnelle va aggraver nos conditions de travail, supprimer des postes dans toutes les disciplines et entraver la réussite des jeunes !

L’intersyndicale CGT Éduc’action, SNUEP-FSU, SNEP FSU, Sud Éducation, SNALC, SNCL FAEN, SIES, appelle les collègues à se mettre en grève le Jeudi 27 septembre.

L’intersyndicale de la voie professionnelle s’est réunie mardi 11 septembre 2018. Elle considère que le calendrier imposé par le ministre ne permet pas de discuter réellement de son projet de réforme de la voie professionnelle qui aura pourtant un impact majeur sur les personnels et les élèves.

Pour nos organisations syndicales la finalité de la voie professionnelle est de permettre, à la fois une insertion immédiate dans la vie active et des possibilités de poursuite d’études réussie. Les grilles horaires élèves proposées vont à l’encontre de ces objectifs, elles vont entraîner des suppressions de postes dans toutes les disciplines. Les « secondes par famille de métiers » censées retarder l’orientation seront également source de suppression de postes en permettant un remplissage optimum des classes. Nos syndicats considèrent aussi que les incertitudes qui subsistent sur les modalités de restructuration de la filière GA sont inacceptables.

La volonté d’implantation d’unité de formation en apprentissage dans tous les lycées professionnels, avec la mixité des parcours qui induira, de fait, la mixité des publics menace à terme les conditions de travail et le statut des professeurs de lycée professionnel.

Ces dispositions doivent être mises en œuvre dès la rentrée de septembre 2019 et le projet de grilles horaires, qui entérine les suppressions de postes et les baisses des horaires disciplinaires, sera soumis au vote du CSE le 10 octobre. Il y a donc urgence à s’opposer fermement pour obtenir une autre réforme qui vise réellement l’excellence.
L’intersyndicale CGT Éduc’action, SNUEP-FSU, SNEP FSU, Sud Éducation, SNALC, SNCL FAEN, SIES exige que ces projets de textes soient retirés de l’ordre du jour du CSE et qu’une véritable concertation ait lieu avec la profession. Il y a urgence à construire le rapport de forces pour obtenir une autre réforme.

L’intersyndicale CGT Éduc’action, SNUEP-FSU, SNEP FSU, Sud Éducation, SNALC, SNCL FAEN, SIES appelle les personnels à se mobiliser en :
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Organisant des heures mensuelles d’information intersyndicale la semaine du 17 au 21 septembre 2018 dans tous les établissements pour informer la profession des conséquences de la réforme ;

Construisant ensemble une journée de grève le jeudi 27 septembre 2018. Montreuil, le 13 septembre 2018

L’intersyndicale CGT Éduc’action, SNUEP-FSU, SNEP FSU, Sud Éducation, SNALC, SNCL FAEN, SIES

5-L’extrême-droite n’est pas la bienvenue. Ni à Châteaudouble, ni ailleurs !

le 16 septembre 2018, par Coordination départementale contre l’extrême-droite (Codex 83)

Communiqué de la Coordination départementale contre l’extrême-droite (Codex 83)

Le Front National (devenu le Rassemblement National), empêtré dans ses déboires judiciaires et financiers, face à un nombre croissant de démissions, pensait pouvoir réaliser un coup médiatique à Châteaudouble. En profitant de l’ouverture d’un CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation) le FN voulait de nouveau déverser son discours de haine et de racisme.

Ce que le FN n’avait pas prévu en annonçant sa venue pour le vendredi 14 septembre, c’est que de nombreuses organisations, mais aussi de simples habitantes et habitants avaient prévu de venir manifester contre leur présence.

Ce que le FN n’avait pas prévu en avançant la date de sa visite au mercredi 12 septembre, c’est que la population du village n’est pas restée passive et a organisé la riposte et empêché Marine Le Pen de faire son discours.

Cette réaction remarquable montre que Marine Le Pen et le FN ne représentent pas l’opinion des territoires varois.

Le rassemblement de vendredi a été annulé pour respecter la volonté des habitantes et habitants de Châteaudouble.

Alors que le FN continue à attiser les peurs et la haine la réalité est toute autre, l’accueil des migrantes et migrants se passe bien ! Nous seront toujours solidaires avec les migrantes et les migrants !

Partout l’extrême-droite nous trouvera face à elle !

Le 13 septembre 2018

6-Oui, notre camarade Clément Méric a été assassiné par l’extrême droite

La Cour d’assises de Paris vient de rendre son verdict dans le cadre du procès entamé le 4 septembre dernier contre les agresseurs responsables de la mort le 5 juin 2013 de notre camarade Clément Méric, militant antifasciste et syndicaliste à Solidaires Etudiant-e-s.

Certains ont voulu renvoyer dos à dos « fachos » et « anti-fascistes », comme si l’extrémisme et la haine des uns étaient comparables à l’engagement militant et les valeurs antiracistes des autres, et comme s’il s’agissait au fond d’une simple rixe entre « bandes rivales ». Confondre les deux, banaliser l’extrême droite et ses déclinaisons, favorise leur développement et la violence, en les assimilant à des actes banals.

Ce n’est pas le cas, la violence fasciste est une violence réelle basée sur des concepts politiques : les attaques contre les personnes racisées, contre les antiracistes et les antifascistes est théorisée et arrive en tête de leur répertoire d’action, comme nous pouvons le voir en France et malheureusement de façon de plus en plus répandue en Europe.

Face à la haine de l’autre, au sexisme, à la LGBTphobie et au racisme, face à des personnes qui portent fièrement l’idéologie néo-nazie, il n’est pas question de baisser les yeux, de faire semblant de ne pas voir.

L’Union syndicale Solidaires, membre du comité pour Clément, se félicite que le jugement reconnaisse cette réalité.

Nous continuerons de porter la mémoire de Clément et de ses engagements qui sont les nôtres. Les nombreuses initiatives qui ont eu lieu durant le procès dans de nombreuses villes de France montrent que le meurtre de Clément n’est pas tombé dans l’oubli. Le syndicalisme porte des valeurs que nous continuerons de défendre dans les entreprises, dans les administrations, dans les universités et dans la rue.

7-Solidarité avec la Confédération Paysanne

Six syndicalistes de la Confédération paysanne viennent d’être condamné·e·s à 120 000 euros. Leur crime ? Avoir démonté, sans les endommager, des installations de la ferme des 1 000 vaches, pour les rapporter à la préfecture afin de dénoncer l’élevage concentrationnaire industriel. Rien à voir avec les saccages et destructions du syndicat agricole dominant, défenseur de l’agro-industrie. Au contraire, les 6 militant·e·s ont été, dans un premier temps, reconnu·e·s par le tribunal comme des lanceurs d’alerte, c’est à dire des personnes qui se battent pour l’intérêt général et collectif. Pourquoi ce revirement et cette condamnation lourde pour un syndicat aux finances modestes ?

Pour mettre au pas la résistance au système d’où qu’elle vienne. Le mouvement syndical, associatif, politique est criminalisé chaque jour davantage.
Nous affirmons notre soutien à la Confédération paysanne l’assurant de notre entière participation aux côtés de ses militant.e.s qui se battent pour une agriculture paysanne respectueuses de l’environnement, de ses paysan.ne.s et des consommateurs.


Documents joints

Bulletin hebdomadaire SUD Educ05 semaine38-2018