Bulletin hebdomadaire SUD Educ05 du 3 au 9 septembre 2018

lundi 10 septembre 2018

1- Agenda

Lundi 3 septembre Cela ne vous aura pas échappé, c’est la rentrée des classes avec les élèves. C’est reparti pour 36 semaines.

Et on fait quoi pour nos 10 minutes d’accueil matin et après-midi (qui font partie de nos obligations de service mais pas de notre temps de travail) ?

Le calendrier scolaire 2018/2019 a été publié le 17 juillet 2018. Un peu plus et on ne faisait pas la rentrée en septembre !

Mardi 4 septembre Paris Début du procès des agresseurs de Clément Méric, jeune antifasciste tué le 5 juin 2013. Clément on ne t’oublie pas. https://solidaires.org/L-extreme-droite-tue-faisons-son-proces

Samedi 8 et dimanche 9 septembre Embrun Foire Bio. http://genepi-foire-bio.com/

2-Statut des enseignant-e-s : où en est-on des projets de réforme ?

Tract de la fédération SUD éducation en pièce jointe.

Le lien vers le rapport CAP 2022 écrit par des gros dirigeants d’entreprise et des hauts fonctionnaires libéraux qui n’ont qu’un et même logiciel : la rentabilité. L’humain étant interchangeable, selon eux. Ça donne un rapport du gouvernement avec des horreurs pour toutes les fonctions publiques. Pour l’éducation nationale, ce sont les pages 62 à 65 qui sont horribles. Que l’on ne s’inquiète pas, la filière du numérique y est bien favorisée. Le lien ici ou https://www.gouvernement.fr/action/action-publique-2022-pour-une-transformation-du-service-public

Face à la destruction des statuts et des droits, mobilisons-nous !

Depuis le mois de février, le gouvernement multiplie les annonces visant à la destruction du statut des fonctionnaires en général, et des enseignant-e-s en particulier, dans le cadre du plan Action publique 2022. Durant l’été, un communiqué publié le 2 août, puis différentes interventions médiatiques sont venues préciser les choses. À l’occasion de la rentrée, SUD éducation fait le point sur les annonces gouvernementales.

L’ensemble des annonces reste très cohérent et… très inquiétant : il s’agit d’individualiser les carrières, de renforcer la concurrence entre personnels, de développer encore le management à l’école. Disons-le d’emblée : SUD éducation combat en bloc les « évolutions » imposées par le gouvernement. Notre slogan, « l’école n’est pas une entreprise », n’a jamais été autant d’actualité !

Vers une mobilité sur profil

Le ministère de l’Action et des comptes publics a engagé depuis le printemps une vaste mascarade sous la forme d’une prétendue « négociation » avec les organisations syndicales, dont Solidaires Fonction publique. Parmi les annonces, on trouve celle de la suppression des commissions administratives paritaires. Cela aura notamment une conséquence particulièrement inquiétante : les mutations ne seront plus examinées en commission paritaire, au moyen d’un barème transparent et connu de tous les personnels. À la place, la recette est toute trouvée : la gestion par les « managers publics », et en particulier le recrutement direct par les chefs d’établissement.

Dans le communiqué du 2 août, puis dans des interviews données à la fin de l’été, le ministère annonce en parallèle « développer significativement les postes à profil ». Des exemples sont donnés : « professeur particulièrement expérimenté en REP+, conseiller principal d’éducation pour encadrer un projet d’internat ». Cela entre dans la même logique : passer d’un système de mutations réglées par un barème à une mobilité sur profil, avec un recrutement direct avec CV et lettre de motivation, comme dans l’enseignement privé.

Vers une rémunération au mérite

La rémunération au mérite est un des volets du plan Cap 2022 pour l’ensemble de la fonction publique. Elle a commencé à être déclinée pour les enseignant-e-s avec l’annonce le 2 juillet, par le ministre Blanquer, de la prime de 3000 euros en REP+. Cette prime comprendra une part fixe de 1000 euros et une part modulable liée aux résultats des élèves. SUD éducation a immédiatement dénoncé la mise en place de cette prime.

Cette obsession entre en résonance avec celle du ministre pour l’évaluation. Les évaluations nationales de début CP, mi-CP, début 6e et début de 2nde générale ont été ou sont en passe d’être mises en place. Et plus inquiétant, le communiqué du 2 août annonce que « pour assurer une évaluation régulière et transparente des établissements scolaires, une instance d’évaluation sera créée par voie législative au 1er trimestre 2019 ». Quel meilleur moyen pour déterminer le « mérite » des enseignant-e-s que les notes de leurs élèves ?

Relevons enfin que cette rémunération au mérite va de pair avec un recul salarial pour les personnels de l’éducation. Le retour du gel du point d’indice et du jour de carence, déjà mis en œuvre, s’accompagne de la seule promesse du recours accru aux heures supplémentaires, exonérées qui plus est des cotisations salariales. En période d’inflation, cela signifie tout simplement… une baisse du salaire réel.

Vers la casse du concours

Le gouvernement a annoncé dans son communiqué du 2 août vouloir « revoir la place du concours ». Concrètement, d’après une réponse adressée à la Cour des comptes début juin par les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche, il s’agit d’avancer l’épreuve d’admissibilité au niveau licence, sans donner de précision sur les épreuves d’admission. L’objectif semble être de faire évoluer le recrutement des enseignant-e-s du modèle du concours vers le modèle de l’examen suivi d’un recrutement direct par la hiérarchie immédiate. Cela entrerait en cohérence avec la suppression des commissions paritaires et le développement de la « gestion des ressources humaines de proximité », que le gouvernement vante tant par ailleurs.

Mobilité sur profil, rémunération au mérite, casse du concours : nul besoin finalement de la création d’un nouveau corps pour exploser les statuts. C’est ce qu’a compris le gouvernement en annonçant l’abandon de ce projet de création d’un nouveau corps préconisé initialement par la commission Cap 2022 : il s’agit d’une manœuvre tactique pour mieux faire avaler la pilule.

La fédération SUD éducation dénonce en bloc les projets du gouvernement et appelle les personnels à construire une mobilisation d’ampleur.

3-Renflouer notre compte bancaire

Les vacances sont terminées pour beaucoup d’entre nous. Nous avons festoyé, voyagé… et la fourmi a bien dépensé.

Pour les vacances prochaines, pensez chèque vacances. Les chèques vacances pour les personnels de l’Éducation Nationale, c’est possible et même l’état peut prendre en charge jusqu’à 25 %. Pour des chèques vacances d’un montant total de 100€, vous payez 75€ et l’état paye les 25€ manquant pour faire cent. Pour une fois que l’état met la main à la poche ! Très peu de personnels connaissent cette opportunité. https://www.fonctionpublique-chequesvacances.fr/cv/web/home

Danger : Le jour de carence est toujours en vigueur.

Vous êtes presque déjà à découvert sur votre compte bancaire ? Ci-dessous, la date de versement des salaires des titulaires jusqu’à la fin de l’année :

SEPTEMBRE 2018

Mercredi 26 septembre

OCTOBRE 2018

Lundi 29 octobre

NOVEMBRE 2018

Mercredi 28 novembre

DÉCEMBRE 2018

Jeudi 20 décembre

Pour les non-titulaires, il y a de tout ! Trois à six mois après… Apparemment, notre employeur bienveillant pense que ne pas manger pendant une telle période est bénéfique pour vous.

Sinon, pour les salaires 2019, nous n’avons pas le calendrier des versements mais nous savons déjà que le secrétaire d’État à la Fonction publique Olivier Dussopt maintient le gel des salaires des fonctionnaires.

Pour dégeler les salaires, il va falloir que le climat social s’échauffe quelque peu. Le 9 octobre, on fait grève, on manifeste, on se retrouve en fin de manif et on discute des suites ?

4-Compte personnel de formation : késako ?

Le compte personnel de formation (CPF), alimenté en heures, est utilisable par tout salarié, tout au long de sa vie active, pour suivre une formation qualifiante. Le CPF a remplacé le droit individuel à la formation (DIF) mais les salariés ne perdent pas les heures acquises au titre du DIF et pourront les mobiliser jusqu’au 31 décembre 2020. Le CPF fait partie du compte personnel d’activité (CPA).

Il est fortement possible que vous n’ayez jamais entendu parler de ces dispositifs, pourtant nous y avons tous accès. Maintenant que vous êtes informés, ne reste plus que la bagarre pour y avoir droit.

5-Assise de l’école rurale ?

Les assises de l’école rurale ont été lancées fin juin 2018 dans les Hautes-Alpes. Il y a 4 ateliers où tout le monde (enseignant·e·s, avs, parents, élu·e·s...) peut s’inscrire auprès du cabinet de l’IA pour participer.

A ce jour, nous n’avons vu que la phase de lancement et aucune mise en place des groupes de travail. Tout est basé sur le rapport Duran (remis au premier ministre et à Madame la Ministre de l’Éducation Nationale le 20 mai 2016 et justifiant la politique de fermeture des écoles jusqu’à quatre classes et la concentration des regroupements). Autant dire que tout est déjà écrit. C’est pour cela qu’il est important que nous nous emparions de ces assises afin de tenter de faire entendre un autre son de cloche et dénoncer une concertation qui n’en est pas une.

L’égalité sur le territoire et la gratuité de l’école est bien mise à mal.

Rappelons que dans notre département, des parents se sont vus demander de payer 115€ par enfant scolarisé au collège pour le transport scolaire. On ne parlera pas ici d’écologie mais bien d’équité dans l’accès à l’éducation. Suivant que vous soyez un collégien des villes ou un collégien des champs, l’accès est plus ou moins payant.

Il en est déjà de même pour les écoliers qui sont moins de 8 dans leur secteur. Il n’y a plus de transport scolaire et c’est aux parents de se débrouiller.


Documents joints

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