Harceleur-euse : fais gaffe à toi !

vendredi 13 octobre 2017

Il n’y a pas que le Radon qui peut être mortel dans le nord du département. Une conduite abusive et répétée qui porte atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychologique d’une personne peut malheureusement aboutir à des extrêmes. Le harcèlement est tabou et hautement politique car il implique généralement nos supérieur-e-s hiérarchiques et il oblige à ouvrir les yeux sur l’abus de pouvoir de nos inspecteurs-trices, principaux-ales, proviseur-e-s... La hiérarchie n’aime pas qu’on pointe du doigt ses chefaillon-ne-s et rejette systématiquement tout débat sur la question. Elle peut se permettre d’éluder car en face, pour caractériser un cas de harcèlement, le/la représentant-e syndicale va devoir se lever de bonne heure et déplacer des montagnes.
« Ça » a commencé en novembre 2015 au collège Vauban, des collègues ont exprimé leur désapprobation vis-à-vis de la réforme du collège en cours et par là même vexé leur petit chef local. La rancune de celui-ci s’est immédiatement focalisée sur plusieurs d’entre eux/elles. Un enseignant particulièrement aura le malheur de ne pas accepter sans réagir ces agissements et fera les frais de la perversion du chef d’établissement jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus… Pendant des mois les agissements du chef ont isolé le collègue, remis en question sa pratique professionnelle, empoisonné sa vie hors de l’établissement. En perpétuelle situation de doute et d’anxiété il finira, en décembre dernier, par craquer et envisagera alors une solution extrême. Dans sa détresse, ce collègue a fait appel à SUD éducation-05 pour empêcher son éviction en catimini sans que jamais son harceleur ne soit inquiété.
C’est une nouvelle fois par le biais du protocole de signalement de danger grave et imminent (SDGI) via le CHSCT départemental que nous avons pu diligenter une enquête administrative. Celle-ci fut conflictuelle avec la DSDEN, et la charge émotionnelle imposée aux collègues entendu-e-s aura laissé des traces, mais ce choix aura permis d’équilibrer le rapport de force et surtout de modifier profondément la façon dont les collègues ont dès lors affronté l’adversité.
Bien sûr la hiérarchie a pris soin de « protéger » le collègue en lui permettant de changer d’établissement en cours d’année mais jamais malgré notre insistance et nos préconisations elle n’a remis en question l’attitude du principal. En cas de divergence persistante entre les représentants du personnels au CHSCT et l’administration il existe une procédure qui consiste à solliciter l’expertise de l’inspection du travail pour trancher sur les responsabilités des protagonistes. C’est une procédure longue et qui implique une nouvelle enquête par l’inspection du travail mais ni le collègue ni SUD éducation-05 n’étions décidés à nous contenter d’une solution administrative dans laquelle ne seraient jamais évoqués les agissements du triste sire. Cette nouvelle enquête, obtenue grâce à un investissement syndical très conséquent, a permis, après de longues semaines d’attente, que soit reconnue la faute professionnelle du principal. Très rare et pour cause, cette reconnaissance a permis au collègue et à toutes celles et ceux, dont SUD éducation-05, qui étaient partie prenante de la défense de relever la tête ; d’éprouver un sentiment de justice et d’avoir la satisfaction de ne pas s’être laissé faire. Ce dossier est maintenant entre les mains d’une avocate qui a porté plainte au pénal contre le principal. Ce dernier n’exerce plus à Vauban et la suite ne relève plus de notre compétence, mais il est crucial que cet événement soit diffusé largement par toutes et tous pour que l’impunité n’existe plus en cas de harcèlement et que nous nous épaulions les un-e-s et les autres dans de tels cas de figure.


Brèves

15 octobre 2015 - CHSCT-05

Chaque membre doit être joignable pour toute question relative aux conditions de travail ; pour (...)