Mise en place de la réforme du collège : s’opposer ensemble à la dérive managériale !

lundi 9 novembre 2015

Alors que la mise en oeuvre autoritaire et managériale des formations que nous dénoncions avant les vacances se généralise, SUD éducation renouvelle son opposition à la reforme du collège et à la mise en place des formations.

Pour faire passer la réforme du collège, les dernières initiatives de l’institution traduisent une certaine fébrilité et s’écartent parfois de la légalité. Elles mettent en lumière une dimension majeure des réformes en cours, qu’il s’agisse des statuts ou de la structure des établissements : le développement des prérogatives hiérarchiques et le développement de modalités managériales de gestion, sur le modèle des entreprises capitalistes.

Les chef-fes d’établissements et les inspections ont été
réunis par le ministère et la Dgesco pour mettre en œuvre
5 jours de formation annoncés très médiatiquement par la
ministre. Les échos de ces réunions traduisent un grand
mépris pour les enseignant-e-s et une volonté de les mettre
au pas.
Cela explique sans doute les remontées inquiétantes de
certaines académies. Ainsi selon l’agence de presse
spécialisée AEF du 2 octobre, L’académie de Toulouse met
en place un outil de pré-repérage pour détecter les établis-
sements dans lesquels la formation prévue dans le cadre de
la réforme du collège s’annonce « complexe ». Pire, elle
proposait aux chef-fes d’établissements de classer les
enseignant-e-s selon leur opinion vis à vis de la reforme du
collège : du groupe des « opposants, rebelles, hostiles,
irréductibles », à celui des « progressistes, proactifs,
convaincus, avocats ou relais » , en passant par « atten-
tistes, passifs indifférents, indécis » ! Qu’il y ait eu, depuis
les révélations de l’AEF, un rétropédalage ne peut nous
rassurer sur les objectifs poursuivis nationalement.

Les inspections, supposément pédagogiques, ne sont pas
en reste dans le développement de cette gestion
managériale et autoritaire. Ainsi un courrier intersyndical
du 8 octobre fait état des pressions sur les collègues de la
part de leur chef-fe d’établissement ou de la part de leur
Inspecteur Pédagogique Régional pour qu’ils deviennent
formateurs/trices de leurs collègues. Dans l’académie
de Montpellier, un courrier de l’Inspection d’Histoire-
Géographie du 5 octobre invite les coordonnateurs/trices à
trois stages de formation dans le but explicite d’investir les
conseils pédagogiques et de devenir des relais de la
réforme auprès des enseignant-e-s de leur discipline.
Enfin, dans certains cas, les formations sont annoncées le
mercredi après-midi ou même pendant les vacances scolaires,
et prétendent parfois s’appuyer sur l’annualisation du temps de
travail dans la fonction publique, avec des modalités et des
justifications très variables selon les académies !

Pour SUD Éducation, les méthodes de flicage selon les
opinions des personnels comme à Toulouse sont
inacceptables. Ces exemples dévoilent un ministère,
des recteurs et des rectrices très inquiet-e-s de
l’opposition d’une majorité d’enseignant-e-s à la
réforme et leurs difficultés pour trouver des volontaires.
Elles rendent manifeste la finalité de la mise en place
du Conseil pédagogique et de ce que l’administration
cherche à instaurer avec la multiplication des
attributions des « coordinateurs/trices » : la division
des équipes et la mise en place de hiérarchies
intermédiaires, avec des collègues sélectionnés pour
servir de relais aux politiques du ministère.
C’est pourquoi la fédération SUD éducation appelle à se
réunir en Assemblée générale et à :

 refuser le rôle de formateur/trice, qui ne fait pas partie
des obligations réglementaires de service des statuts
modifiés.
 boycotter les formations non-obligatoires et à se mettre
en grève les jours de formation sur convocation.
 mettre en place des caisses de solidarité pour que tous
les autres personnels apportent un soutien financier à
leurs collègues grévistes.

Pour autant, pour mettre à bas la contre-réforme du collège,
c’est bien une grève nationale et reconductible qu’il faut
construire. C’est aussi ce que SUD éducation continuera de
proposer dans l’intersyndicale second degré.

Pour SUD Éducation, à l’inverse du management et
de l’autoritarisme, dans le cadre d’un projet social
autogestionnaire, il faut promouvoir des modalités
de gestion des établissements démocratiques,
coopératives, horizontales et égalitaires.
Contre le système hiérarchique, nous portons un
justifications très variables selon les académies !
projet d’autogestion des établissements scolaires
et du service public.